SICKO 7 Mars 2008 2
Documentaire américain (2007) de Michael Moore. 120 min. L'Amérique malade; crache ou clamse... Au pays de Bush, les riches sont des privilégiés qui ignorent les plus démunis. Alors que le second mandat de W.
("debelyou") touche à sa fin, son détracteur le plus médiatisé, Michael Moore, revient à la charge. Cette fois-ci, il s'en prend au fonctionnement à deux vitesses des soins de santé qui s'ajoute à
la liste déjà longue relative aux injustices et aux incohérences (volontaires) du système américain : les licenciements abusifs des multinationales ("Roger et moi" et "The big one"), la
permissivité vis-à-vis du port d'armes ("Bowling for Columbine") ou la politique suspecte dans la guerre contre le terrorisme (dans le palmé "Fahrenheit 9/11"). Insistant sur le fait qu'une
personne sur cinq n'est pas couverte (60 millions de la population des USA, ce qui équivaut à la France entière !), Moore s'intéresse à la partie des 80 % restants qui ne parvient pas à joindre les
deux bouts. Armé de sa caméra, l'homme à la casquette part à la
rencontre de ces victimes de la vie et du gouvernement américain. Ainsi pour appuyer cette réalité désastreuse, Michael Moore compare la situation avec trois autres pays; le Royaume-Uni, la France
et... Cuba (on viendrait presque à croire qu'il regrette de ne pas vivre dans un pays communiste !). Et c'est là que le bât blesse car il s'appuye sur des cas extrêmes pour illustrer son
réquisitoire courageux (ces trois nations apparaissent aller pour le mieux dans le meilleur des mondes; c'est un peu facile de filmer un couple français qui touche 8.000 euros par mois, de faire
croire que tous les médecins anglais roulent dans une grosse bagnole, ou de prétendre que les files d'attente dans les hôpitaux d'Europe occidentale ne sont pas le quotidien des patients qui
deviennent vite des impatients !!!).
Si le style Moore est toujours aussi percutant, le fond
de "Sicko" laisse à désirer : trop de sensationnalisme, trop de démonstrations hâtives et maladroites, et un ego qui lui sert à se mettre en avant plutôt que ses intervenants dont il use et abuse
comme des marionnettes. Mais plus destiné à ses concitoyens, l'oeil de Moore atteint sa cible émotionnelle. Espérons qu'il réveillera les consciences endormies...